Démystifier les radiofréquences

Les antennes de télécommunication et les appareils de technologie sans fil émettent des radiofréquences. Les sources d’information portant sur les risques présumés de ces radiofréquences sur la santé sont nombreuses, et certaines causent inutilement de l’inquiétude dans la population. Pour vous aider à y voir clair, voici quelques-unes des principales conclusions des recherches scientifiques au sujet des radiofréquences.

Description des radiofréquences

Diverses applications utilisent les radiofréquences, dont les suivantes :

  • fours à micro-ondes;
  • radio et télévision;
  • réseaux de téléphonie cellulaire;
  • téléphones sans fil;
  • bornes d’accès Internet et routeurs sans fil (Wi-Fi);
  • appareils informatiques sans fil;
  • interphones pour la surveillance à distance des bébés; etc.

Les réseaux de télécommunication indépendants des services de police et d’incendie, les radars aériens et maritimes et les systèmes d’alarme sans fil utilisent aussi les radiofréquences.

Dans chacun de ces réseaux, les communications utilisent une gamme de fréquences déterminée. De cette façon, les différents réseaux n’entrent pas en conflit les uns avec les autres. Ces fréquences sont exprimées en hertz (Hz). Les réseaux de télécommunication les plus utilisés pour les applications destinées à la population utilisent des fréquences de quelques centaines de millions à quelques milliards d’hertz (100 MHz à 5 GHz).

Puissance d’émission des radiofréquences

La puissance d’émission des différentes sources de radiofréquences est très variable et dépend de l’application. Par exemple, les antennes qui émettent les ondes de radio FM et de télévision sont très puissantes. Elles doivent en effet transmettre ces ondes sur des dizaines de kilomètres, jusqu’à nos appareils de radio et de télévision. Au contraire, la puissance d’émission des appareils utilisant la technologie Bluetooth est très faible puisque ces appareils ne transmettent généralement qu’à quelques mètres de distance. Le tableau suivant présente les puissances d’émissions de certaines sources courantes de radiofréquences. La puissance d’émission se mesure en watts (W).

Puissance d’émission de certaines sources de radiofréquences

Source de radiofréquences

Puissance d’émission (W)

Technologie Bluetooth

0,001 à 0,025 W

Téléphones sans fil

0,25 W au maximum

Téléphones cellulaires

0,1 à 2 W au maximum

Compteurs électriques de nouvelle génération d’Hydro-Québec (« compteurs intelligents »)

0,425 W

Bornes d’accès Internet sans fil (Wi-Fi)

1 W au maximum

Antennes de téléphonie cellulaire

Environ 30 W

Antennes émettrices d’ondes radio FM

100 000 W au maximum

Antennes de télévision

2 000 000 W au maximum

Conclusions d'études scientifiques sur les risques présumés des radiofréquences pour la santé

L’évaluation des risques présumés des radiofréquences pour la santé a fait l’objet d’un certain nombre d’études. Différentes sources de radiofréquences ont ainsi été examinées :

Ces études concluent que les radiofréquences ne posent pas de risques pour la santé lorsque l’exposition demeure en dessous des limites prescrites par le Code de sécurité 6 de Santé Canada ou d’autres organismes de réglementation reconnus.

Téléphonie cellulaire

Les principales études sur le risque de cancer associé aux radiofréquences chez l’être humain ont été réalisées auprès d’utilisateurs de téléphones cellulaires. Le téléphone cellulaire est l’une des principales sources d’exposition aux radiofréquences même si la puissance d’émission de son antenne est peu élevée. Cela s’explique par le fait que l’exposition dépend aussi de la distance entre l’antenne émettrice et le corps de la personne exposée, distance qui est très courte dans le cas d’un téléphone cellulaire.

Or, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « un grand nombre d’études ont été menées au cours des 2 dernières décennies pour déterminer si les téléphones portables représentent un risque potentiel pour la santé. À ce jour, il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé ». Le texte complet de l’aide-mémoire Champs électromagnétiques et santé publique : téléphones portables Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre., publié en octobre 2014, est disponible sur le site de l’OMS.

Les résultats de l’étude Interphone indiquent notamment qu’aucune augmentation du risque de gliome ou de méningiome (cancers du cerveau) n’a pu être associée à l’utilisation du téléphone cellulaire par des adultes pendant plus de 10 ans. L’étude Interphone a été coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS et menée dans 13 pays, dont le Canada.

Pour sa part, Santé Canada Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. considère que l’exposition aux radiofréquences provenant des téléphones cellulaires « […] ne présente aucun danger confirmé pour la santé […] ».

Pour ce qui est des radiofréquences émises par les antennes de téléphonie cellulaire, l’Institut national de santé publique du Québec a publié un avis scientifique intitulé Antennes de téléphonie mobile et santé publique : état des connaissances Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. Ce rapport conclut que « […] compte tenu des connaissances actuelles et des faibles niveaux d’exposition aux [radiofréquences] issues des stations de base, la probabilité d’un risque sur la santé de la population générale et [de] celle vivant à leur proximité peut être considérée faible ou inexistante ».

Santé Canada considère également que lorsque les émissions provenant des stations de base de téléphonie cellulaire respectent les limites établies, « […] il n’y a aucune raison scientifique de les considérer comme étant dangereuses pour le public ».

Pour en savoir plus, consultez la page Sécurité des cellulaires et des stations de base Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du site de Santé Canada.

Réseaux Internet sans fil (Wi-Fi)

Santé Canada considère que la technologie des réseaux Internet sans fil est sécuritaire : « Tant que [les niveaux de radiofréquences] demeurent inférieurs aux limites prescrites dans les lignes directrices de Santé Canada sur l'exposition [aux radiofréquences], les données scientifiques actuelles corroborent l'affirmation que les émissions [radiofréquences] des appareils Wi-Fi ne sont pas dangereuses ». Pour en savoir plus, consultez la page Sécurité de la technologie Wi-Fi Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du site de Santé Canada.

Pour plus de détails sur les mesures prises par Santé Canada pour assurer que les réseaux Internet sans fil demeurent sécuritaires, consultez la section Réglementation concernant les radiofréquences.

La Direction de santé publique de Montréal s’est penchée plus particulièrement sur la sécurité de l’utilisation de la technologie Wi-Fi dans les écoles primaires. Les résultats de cette analyse ont été publiés en 2014 dans un rapport intitulé Utilisation du Wi-Fi dans les écoles – Évaluation des risques à la santé Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre.. L’avis sur la sécurité de la technologie Wi-Fi de Santé Canada va dans le même sens que ce rapport, qui conclut que les niveaux d’exposition aux radiofréquences émises par la technologie Wi-Fi sont très faibles. Le rapport mentionne aussi que les résultats d’études scientifiques rigoureuses sur les effets des radiofréquences sur la santé ne montrent pas de conséquences associées à la technologie sans fil.

La Direction de santé publique a donc conclu que l’utilisation des réseaux Internet sans fil dans les écoles primaires est sans danger pour la santé des enseignants et des élèves.

Compteurs électriques « intelligents »

Les compteurs électriques intelligents émettent un niveau moyen de radiofréquences qui est très faible. Ces appareils sont considérés comme l’une des sources d’exposition environnementale aux radiofréquences les plus faibles, même pour une personne qui se tiendrait fréquemment à quelques mètres de ces compteurs.

Les autorités de santé publique des différentes régions du Québec et Santé Canada considèrent donc que les compteurs intelligents ne posent pas de risques pour la santé.

Pour en savoir plus, consultez les contenus suivants :

Démystifier l'« hypersensibilité électromagnétique »

Certaines personnes affirment souffrir de ce qu’on appelle l' « hypersensibilité électromagnétique ». Ces personnes ressentent certains symptômes comme des maux de tête, de la fatigue, des troubles du sommeil ou des troubles digestifs. Elles attribuent leurs symptômes à l’exposition aux champs électromagnétiques, dont font partie les radiofréquences.

Ces symptômes peuvent être réels. Toutefois, Santé Canada estime qu’ils ne sont aucunement liés aux radiofréquences émises par les technologies sans fil, y compris le Wi-Fi, ni aux champs électromagnétiques en général.

À la suite de son analyse de cette problématique, l’Organisation mondiale de la santé Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. conclut : « Il n'existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de [l’hypersensibilité électromagnétique] à une exposition aux [champs électromagnétiques]. En outre, [l’hypersensibilité électromagnétique] ne constitue pas un diagnostic médical. Il n'est pas non plus évident qu'elle corresponde à un problème médical unique. »

L’« hypersensibilité électromagnétique », y compris l’intolérance au Wi-Fi, n’est donc pas un problème de santé reconnu. Cette conclusion est fondée sur les plus récentes données scientifiques disponibles, et n’est pas remise en cause malgré l’existence d’opinions marginales et de diagnostics posés à tort par certains médecins.

Même s’ils ne peuvent être liés aux technologies sans fil, les symptômes de certaines personnes pourraient révéler un problème de santé réel. Ces personnes doivent donc consulter un médecin si leurs symptômes persistent ou s’aggravent.

Pour plus de détails concernant l’« hypersensibilité électromagnétique », consultez :

Réglementation concernant les radiofréquences

Au Canada, les dispositions du Code de sécurité 6 de Santé Canada protègent la population en matière d’exposition aux radiofréquences. Industrie Canada assure la mise en application de ce code de sécurité. Les appareils sans fil et leur infrastructure connexe, comme les tours de téléphonie cellulaire, doivent donc être conformes aux dispositions du Code de sécurité 6 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre..

Santé Canada met régulièrement à jour ce code de sécurité en se basant sur l’examen des plus récentes recherches scientifiques à l’échelle mondiale. Une récente mise à jour du code vise ainsi à mieux protéger la population de tous les groupes d’âge, y compris les nourrissons et les enfants. Les limites actuelles d’exposition aux radiofréquences sont parmi les plus rigoureuses au monde. Pour plus de détails, consultez la page Comprendre le Code de sécurité 6 Ce lien ouvre une nouvelle fenêtre. du site de Santé Canada.

Est-ce que l'information de cette page vous a été utile?


  

Dernière mise à jour : 29 juin 2017, 14:54

Avis

Inscription auprès d'un médecin de famille Qu'est-ce que le cannabis ? Dépistage du cancer colorectal Dépistage du cancer colorectal Vaccination Vaccination