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Avantages, inconvénients et limites du dépistage par mammographie

Des études menées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) font ressortir les avantages, les inconvénients et les limites du dépistage par mammographie.

Il est recommandé à toutes les femmes de 50 à 69 ans de s’informer sur ces avantages, inconvénients et limites afin de prendre une décision éclairée quant à leur participation au Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS). La décision de participer ou non au Programme dépend de l’importance que la femme accorde à ces avantages, à ces inconvénients et à ces limites.

Avantages

Le dépistage aux 2 ans, pendant 20 ans, permet de :

  • Réduire le risque de mourir d'un cancer du sein.
    Sur 1 000 femmes qui participent au dépistage par mammographie aux deux ans, pendant 20 ans, 7 décès sont évités.
  • Réduire le risque de devoir subir une chimiothérapie.
    Grâce au dépistage, les cancers sont souvent détectés à un stade peu avancé de leur développement. Ces cancers peuvent alors être traités sans que la chimiothérapie soit nécessaire.
  • Connaître l’état de santé de ses seins.
    La grande majorité des femmes (près de 98 %) n'auront pas de cancer du sein si les professionnels de la santé n’en ont pas détecté lors de la mammographie ou lors des examens complémentaires.

Inconvénients

Le dépistage aux 2 ans, pendant 20 ans, peut occasionner :

  • De l’attente et de l’inquiétude lorsque des examens complémentaires sont nécessaires.
    Au cours des 20 ans de dépistage, presque la moitié des femmes (453 sur 1 000) subissent au moins un examen complémentaire. C’est 156 femmes de plus que chez les non-participantes au dépistage.
  • Un surdiagnostic.
    On estime que c'est le cas pour 10 femmes sur 77 qui ont un cancer du sein.

Le surdiagnostic est le fait de découvrir un cancer qui n’aurait jamais été détecté sans le dépistage. En effet, il arrive qu’une femme reçoive un diagnostic pour un cancer qui n’aurait jamais eu d’effets sur sa santé ou de conséquences sur sa vie, comme un cancer qui se développe très lentement ou un cancer inoffensif. Cela peut se produire chez les participantes au dépistage par mammographie, puisque cet examen permet de détecter des cancers du sein très tôt dans leur développement.

Comme il demeure impossible de différencier les cancers inoffensifs des cancers mortels, tous les cancers sont traités également. Cela signifie que la femme qui participe au dépistage pourrait :

  • recevoir des traitements qui n’auraient pas été nécessaires;
  • subir les effets secondaires de ces traitements;
  • devoir vivre avec un diagnostic de cancer;
  • avoir des rendez-vous médicaux plus souvent pour s’assurer que le cancer ne réapparaît pas.

Limites

Le dépistage aux 2 ans, pendant 20 ans, ne garantit pas :

  • Que tous les cancers du sein seront détectés.
    Sur 1 000 femmes qui passent une mammographie de dépistage aux deux ans, pendant 20 ans, 77 reçoivent un diagnostic de cancer du sein. Parmi celles-ci, 21 femmes reçoivent un diagnostic de cancer après une mammographie normale, soit parce que :
    • le cancer était invisible sur la mammographie;
    • ou parce qu’il ne s’était pas encore développé au moment de la mammographie.
  • Que toutes les participantes au dépistage survivront à un cancer du sein.
    On estime que 13 femmes sur 1 000 mourront d’un cancer du sein même si elles participent au dépistage par mammographie.

Par ailleurs, la mammographie est une radiographie et, comme toutes les radiographies, elle émet des radiations. Selon plusieurs études, le risque qu’un cancer du sein se développe à cause des radiations émises pendant la mammographie de dépistage est très faible chez les femmes de 50 à 69 ans.

Quelques chiffres

En comparant 1 000 femmes de 50 à 69 ans qui participent au dépistage par mammographie aux deux ans, pendant 20 ans, à 1 000 autres femmes qui n’y participent pas, on remarque des différences sur plusieurs aspects.

En effet, sur 1 000 participantes :

  • 453 femmes doivent effectuer des examens complémentaires;
  • 77 femmes reçoivent un diagnostic de cancer;
  • 10 femmes seraient des cas de surdiagnostic;
  • 13 femmes décèdent à la suite d’un cancer du sein.

Sur 1 000 non-participantes :

  • 297 femmes doivent effectuer des examens complémentaires;
  • 54 femmes reçoivent un diagnostic de cancer;
  • aucun cancer ne constitue un cas de surdiagnostic;
  • 20 femmes décèdent à la suite d’un cancer du sein.

Autrement dit, chez 1 000 femmes de 50 à 69 ans ayant participé au dépistage aux 2 ans, pendant 20 ans :

  • Plus de femmes passent des examens complémentaires (156 de plus);
  • Plus de cancers sont découverts (23 de plus);
  • Plus de cancers seraient trouvés et traités pour rien (10 de plus);
  • Moins de décès par cancer du sein surviennent (7 de moins).

Dernière mise à jour : 13 septembre 2016, 13:20

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